Retour à l'hiver; fin de l'épisode printannier. Il neige à gros flocons sur ma montagne dans l'Ouest. Giboulées tourbillonnantes. Le vent est comme un poète fou qui n'arrive pas à se brancher et demeure dans le flou.
Ce matin, il faisait encore assez chaud pour ouvrir la porte de ma tannière, histoire de renouveller l'air pendant une petite demi-heure. Fin prêt pour la phase II de l'hiver ! La plus longue, hélas...
Hier, j'ai été lire sur le concours de scénari sur le site de Radio-Can. Une minute et demie de pellicule, ça doit pas être trop sorcier à pondre, je me suis dit. J'ai fermé le modem, histoire de pouvoir me concentrer sur mon Word. Facile ! J'ai une idée de départ de surcroît, ça va bien aller - check ben ça ! Évidemment, vous devinez la suite. Deux heures et demie plus tard, je moisissais toujours devant la même page blanche. Merde, ça s'écrit comment, un scénario ? Fondu aérien caméra mobile tournoyante en juxtaposition avec lumière diffuse. Gros plan de l'iris du premier personnage. Il parle : salut boss ! Deuxième personnage : keussé tu veux, toé ? en se décrottant le nez alors qu'une tornade tout près le décoiffe légèrement ? Non mais, sans farce ! Un roman, bien tu décris la projection privée qui se déroule dans ta tête. Ça se conçoit. Tu t'essayes, tu le rates, tu te reprends, tu t'en approches un peu... Tu peux surtout décrire tes feelings, comment les personnages se sentent, interagissent. Mais au cinoche, comment tu fais pour traduire une émotion complexe ou une variation d'étât d'âme l'autre côté d'une loupe, juste par un plan ou une prise de vue ? Y'a la voix off, mais il paraît que c'est trop facile, paresseux. Quoique. Si c'est réussi... Reste les dialogues. Mais tout le monde sait que les mots filtrent, déforment, inversent, camouflent souvent l'intention véritable, le senti authentique. Anyway. Je vais peutêtre me ressayer plus tard. Il reste jusqu'à 17h00 pour télécharger le texte.
Tantôt, pendant que j'errais sur l'Internet à la recherche d'horoscopes du matin (vous le savez maintenant ? je suis inquiet. Et je bouffe de l'horoscope comme d'autres du chocolat. J'y crois pas vraiment, mais ça nourrit mon espoir en général. Pour le fun, que je me dis, même si ça gruge ps mal de minutes à la longue. Presque à chaque jour, y'en a un qui promet quelque part un coup de foudre ou la rencontre de l'âme soeur ou un succès professionnel extraordinaire ou une rentrée d'argent imprévue, comme un héritage d'un oncle inconnu multi-millionnaire... Une sorte d'éclair qui électrocuterait la médiocrité de ton quotidien, transmuerait le plomb de tes heures en or étincellant. Puis ta vie deviendrait poème, rien de moins !), je suis tombé sur une photo de Scarlett Johanssen... Wow ! Un visage, un sourire, une poitrine comme ça ! Ce qu'une muse semblable me ferait pondre comme poèmes ! Quoique j'imagine qu'on puisse aisément être tenté par la pratique d'une activité autre que l'écriture en pareille compagnie...
Donc je suis parti au village expédier mon épicerie. Allez hop ! Dans le panier, on pitonne son code et on retourne dehors avec ses sacs crépitants au bout des bras. Sans faute : un six pack minimum dans un des sacs. Faut jamais oublier la bière en campagne. Ça te force à faire preuve d'un minimum de prévoyance. Tant qu'à être là, ben je suis arrêté voir Sylvain, le sympathique barman du Café des Artistes, le seul bar intello à 50 lieues à la ronde ! Une pinte plus tard, oh oh ! Je constate qu'on est parti pour refaire le monde une fois de plus. J'avais pas tord : c'est exactement ce qui s'est passé. Sauf que je suis pas un coyote tombé de la dernière pluie ! Et je sais que refaire le monde, c'est difficile pour le muscle cérébral. Ça l'épuise, le fatigue. Ça le déshydrate surtout, comme un intense entraînement physique le fait pour le corps en général. Donc j'ai décidé d'être prudent et de m'hydrater généreusement. Copieusement, en fait.
- Une aute petite pinte, mon coyote ?
- Ouaoui. C'est sûr.
Y'a Jean-Pierre, un ti-cul de 20 ans de retour d'un long voyage en Amérique du Sud, qui est venu se greffer à nos débats. Un jeune idéaliste en qui je me revoyais par moments. On a bien philosophé pendant au moins quatre heures, et excès de prévention, j'en ai même avalé une dernière, pour la route.
Et devinez quoi ? Ce matin, malgré toutes mes précautions, j'ai encore une fois mal à la tête !
C'est trop injuste.
vendredi, janvier 14, 2005
Choses et d'autres
Publié par
Coyote inquiet
à
1:27 p.m.
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1 commentaire:
Gageons que l'oracle du zodiaque n'avait pas prédit cette malencontreuse céphalée.
Deux verres d'eau avant de se coucher ou une bière-clamato en se levant avec un shooter de Sambucca noire et le tout devrait passer...
Un mal de tête, en tout cas, ça fait un fort beau texte.
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