mardi, janvier 25, 2005

Atterrissage d'urgence. Ou : les chats retombent toujours sur leurs pattes, mais parfois ça leur fait mal. Ou : karma blues. Ou : crash trash fever

Toujours pareil ! Quand l’heure ne sonne pas, man, rien à faire ! Essaye pas - essaye donc pas comme dit la chanson ! Moudre ta mie ou gâcher ta croûte - trop weird : ptoui, comme un noyau de cerise. ! Dans les cours d’école, enfant, t’es trop souvent seul et même le ballon ne te gifle pas. Tu te dis : ça va aller mieux après la récréation. Y’a pas d’année sans été ! T’es quelqu’un de patient de toutes façons. Surtout que t’as pas vraiment le choix. Et a-t-on déjà vu un crotale traverser rapidement le désert ?… Ça ne passe pas par ici : tu vas t’en aller par-là ! Tu t’approches d’elle avec le pas de l’eau... Ça devrait la rassurer et chacun pourra enfin s’abreuver de lumière comme l’arc-en-ciel. Erreur bonhomme, c’est le coeur éclaté comme une bouteille de bière entre les graffitis criards d’un mur d’usine que tu reprends ta route sur la voie ferrée. Solitude d’un point cardinal. OK d’abord, l’aiguille n’a qu’à s’affoler sur l’aimant du travail. Ça insufflera un sens ! Utile comme la distance au surveillant de forêts, comme l’insomnie au gardien de phare. Tu te dis : patience et longueur de temps, bla bla bla, bla bla bla... Tu trimes. Rigueur. Discipline. Peaufines ta méthode, précise comme la construction d’une bombe ! Cire tes silences comme des beaux chars neufs, des Cadillac de collection…

Non man ! Désolé. L’appareil ne parvient pas à lire le code zèbre. EXIT.

Bon. Comment fleurir sans brûler par en-dedans ? Comment se prénommait l’ère où l’eau perdit tous ses oligo-éléments ? Trouver une mission. Cracher toi aussi ton oxygène ou encore un méthane délétère par les pores folles à lier ou la bouche pareille au même d’un volcan islandais ! Il suffit que s’amoncelle le carbone, après tout ! Jadis tu visais les plafonds d’amazone; normal, pour du bois franc. Pousser droit comme la pyramide d’un séquoia. Aujourd’hui, cep ou lierre tortueuse, n’importe quelle éclaircie te comblerait ! Mais… surtout pas !… Tu tombes depuis très très longtemps dans une fente du plancher. Ne reste qu’à jouir de la chute. Devenons sourciers ou astronomes intérieurs, en quêtes de soleils inédits ou d’étoiles tissées. Taisons le zen inodore. Ne plus rien attendre. Vomir des indigestions de discernement et flattuler la vérité comme des pestilences sur des coussins de cuir chauds aux bruyants spectacles du quotidien. Que peut le cri des événements contre un sourd ? Du haut d’un nuage tu compatiras en pinçant de la lyre. Survenant sans attache, avec la liberté comme compagne et des lunaisons régulières dans les ténèbres de ton regard, tu ne chasseras plus que le reflet des lampadaires accroupis comme des vieillards sur un boulevard laqué. Voilà, t’as tout compris. Trop jeune, trop tôt; c’est tout. Ne faut jamais connaître la fin du film en entrant dans un cinéma. Tous les feux brûlent les ailes. Faut assumer maintenant. C’est là où elle mène, la mitaine sans doigts de l’intuition ! cette main d’aveugle qui cherche en bégayant l’interrupteur. Tu vas l’avoir ta lumière ! Attention aux pupilles, entraîne-les à la contraction d’une tête d’épingle. Un jour, ça va flasher, man !

Quoi ?! tes orteils hurlent que la réalité les piétine !? Ok, vas t’ancrer, mouiller dans la rade des hommes. Tu mettras ton épaule à la roue sur le rayon qui s’offrira Pas de problème : l’effort offre de supplémentaires avenues pour grimper les marches des tours d’ivoire. En ligne à nouveau dans l’orgie de tôle ! Résigné, tu t’enfournes dans l’âtre avec la miche humaine, silencieux mais efficace comme la levure. Tu demeureras. Soyons sel, mais pas trop non plus. Inutile de se faire repérer. " L’espion qui s’aimait "; ou qui souhaitait survivre…

Les choses vont bien aller maintenant. T’as au moins la gouverne de ta coque de noix. Le safran t’obéit et ton expérience tutoies tous les vents : tu n’as plus qu’à suivre paisiblement le cap. Profites des accalmies pour contempler la mer, laisse voler ton âme d’octobre avec les oies immaculées au milieu du gradin infini des nuages. Si elle s’agite, concentration accrue ! L’ivresse du combat te grisera tout autant. Puis tu lécheras avec satisfaction les embruns sur tes mains gercées comme des blessures de guerre au goût salin, grimaçant d’honneur. Et tu continueras à filer en travers vers cette île du sud que tes cartes indiquent avec espérance. Le voyage est réglé… Que tu penses ! C’est alors qu’elle repasse devant toi. À chaque fois, un cyclone dont tu tombes amoureux de l’œil obscurcit l’horizon et s’avance vers toi. Cyclone, ouragan, courbe tornade ou trombe d’eau... peu importe ! La chance tourne, comme au Poker avec tes chums, quand tu te mets à leur refiler tes derniers dollars et qu’il ne reste de Scotch que dans leur verre. Elle est là. Profonde et mystérieuse comme une galaxie. Tout près. Tempétueuse parfois. Impétueuse, ou douce encore, lisse comme un pôle. Et toi l’épais, comme fasciné par une partie de roulette russe, un tour de motocross sur les sentiments humains, tu te penses de taille à relever le défi – présomptueux ! C’est pas comme ça que ça marche, mon gars : on joue pas avec le feu sans se brûler ! On insère pas son doigt dans la lessiveuse juste pour satisfaire sa curiosité.

Et surtout, surtout. Surtout ça. Si notre cœur était fait pour voler, il aurait des ailes !

La preuve : comment tu te sens ?…

(Et ça joue parfois comme un leitmotiv - quand elle sort ou refuse d’entrer…)

PS. Vous en connaissez plusieurs, des astronautes qui retirent leur casque ?

5 commentaires:

Anonyme a dit...

C'est beau, coyote. Ça va droit au coeur.
Et même si c'est vrai que dans notre vie on semble avoir besoin de bons coups de vent pour ensuite savourer à leur juste valeur les calmes reflets de la vague, y'a des jours où on se passerait de la tempête bien volontier!
J'ten souhaite une belle...de soirée
Evangéline

Tony Tremblay a dit...

j'en connais au moins un...

beau texte mon coyote
du beat
de la rage
sage

Coyote inquiet a dit...

Merci bien vous deux !

C'est un texte qui date un peu que j'ai rafistolé en vitesse hier : il correspondait assez bien à mon humeur "grrrrr" de pleine lune je trouvais...

Bonne journée ;o)

Coyote inquiet a dit...

Wow, merci encore Louise pour tes beaux mots et ta sensibilité à nos poésies. Je cours lire le poème de Dieu Diesel.

Ah oui ! Bonne nouvelle : je viens de pogner un petit contrat d'enseignement d'informatique à Kébek la sem. prochaine. On va prendre une bière ? ou une tisane... ;o) Chez Chacal ?

Innée la poétesse du dimanche a dit...

Ici, je reconnais la même verve que sur jour étrange, votre plus grande qualité que je détecte dans votre écriture c'est cette énergie que vos mots provoquent en nous, vous êtes profondément vivant M.Inquiet...Captivant vous savez susciter l'intérêt du lecteur.