vendredi, septembre 24, 2010

Platô - la revanche !

J'essaie de comprendre, de mettre le doigt dessus, de m'expliquer ce qui s'est passé, à quel moment, d'identifier l'instant où la soupe a tournée, où le sirop fut gâché, aspiré par la suite d'une réaction à laquelle il ne pouvait plus que participer, mû par un catalytique élan d'entropie... J'essaie. Chaque jour depuis mon retour. De comprendre pourquoi ou à tout le moins d'identifier tous les paramètres qui ont changé et ont fait d'une équation dont le résultat était autrefois positif une hyperbole qui plonge incompréhensiblement vers le négatif...


Je me souviens de toute la joie nouvelle des découvertes, de l'inédit et du spontané, des coloris inédits jaillissant sous les pinceaux de la mixité, d'une ville aux ruelles pauvres mais vivantes, fleuries de cris d'enfants. Vivre se dansait sous des chants d'espoir. Et bien qu'imparfaite, toujours une main tendue d'humanité se dressait sur ta route. il y avait une cohésion, une barrière que la réalité ne franchissait par-delà l'illusion multiforme, comme un gamin qui joue à la guerre jusqu'à ce que la faim le ramène souper avec ses ennemis.

Mais aujourd'hui, aujourd'hui ! d'infinies étendues de sable devant mes yeux! Un sable fin, cristallin parfois, de toutes couleurs unies - go Bennetton ! - dont la patiente fragmentation a conduit au désert uniforme. Chaque grain identique au suivant, aussi dissocié, indifférent, dont la conviction en lui-même est l'essence même du désert qui se départage sur tous les horizons...

Il ne reste plus qu'un leitmotiv : cette insatiable soif du négoce, de l'objet que tu te dois d'acquérir simultanément au bonheur. Tu n'as plus d'essence; tu n'as plus droit d'existence qu'en cette jeunesse flamboyante, perpétuellement interchangeable, mais si vide, ô si vide ! dont seule la folle allure permet de croire au décor, à un paysage qui crevasse de partout. La vitesse effrénée est une condition sine qua non ! Les nouveaux souliers ne prennent plus de pauses et sonnent fort et creux tels des tonneaux vides; les nouveaux visages se portent dans le vent, bien fermés, débordants et durs comme des poitrines frais refaites. C'est la parade atomique ! Ondulons sur toutes les fréquence de l'argent, d'un verbe étranger, communisme au marketing triomphant. Logorrhons à tue-tête tous nos appétits et ceux que nous ignorions, longuement planifiés, chaque heure découverts; confondons la liberté avec d'invraisemblables anarchies.

Et savourons plus que tout notre démocratique chance. N'oublions pas que, sur le bulletin, you're totally free
to chose one of these...

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