J'étais un peu pas mal blasé du PQ ces dernières années, de ces chicanes stériles de drapeaux Québec - Ottawa, la plupart du temps de l'ordre de la procédurite. De plus, certains nouveaux enjeux d'ordre plus planétaire ou générationnel m'emmenaient vers des ailleurs politiques...
Mais je ne semble pas être le seul à avoir dernièrement pris conscience de l'état lamentable de notre espace collectif culturel, linguistique et identitaire plus précisément (à Montréal principalement). Et ça me rassure. Diablement. Car pour ma part, la survivance de mon héritage culturel et identitaire n'est pas une lubie, un caprice ou une considération d'ordre secondaire; c'est probablement la première de mes préoccupations en tant qu'être social. Ça devance même l'épanouissement économique. Une des premières en tous cas !
Bref, je réalise qu'un parti que je considérais comme caduque, obsolète, demeure le seul à chaque fois à répondre présent lorsqu'une situation que nous avons laissé se dégrader exige à nouveau un ferme coup de barre...
On est comme ça je crois. Paisibles, on aime se laisser bercer par la houle des jours, somnoler un long moment. Jusqu'à ce que la vague gonflée d'une situation négligée nous éclabousse en plein visage et nous ressaisisse brutalement.
http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/200911/22/01-923977-le-pq-posera-des-gestes-audacieux-pour-relancer-le-debat-identitaire.php
Bref, ma mémoire se réveille, ma vigilance aussi.
Ni avec fanatisme borné, ni avec rancœur, encore moins agité de peurs à la bonhomme sept-heures...; simplement avec maturité et une accueillante assurance, je pense qu'il nous faudra aussi répondre présent.
Sinon, on va revivre constamment, perpétuellement, inlassablement la même situation récurrente. Je ne suis que dans la quarantaine et c'est déjà la troisième fois que je me fais réveiller par l'eau froide de la marée. Ça m'apprendra à m'endormir !
dimanche, novembre 22, 2009
Tout à fait d'accord, Madame Marois !
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jeudi, novembre 05, 2009
lundi, novembre 02, 2009
dimanche, novembre 01, 2009
Propriété privée riveraine... Question.
Quelqu'un connaît le dossier, cette partie de la loi ? Est-il légal que des propriétaires riverains s'approprient la berge du St-Laurent ? Je croyais que les rives étaient plutôt de juridiction fédérale, comme les cours d'eau, lacs, rivières et fleuves, qu'elles appartenaient à tous, baby boomers et autres, et qu'il était loisible pour les citoyens d'y circuler... (Je dis pas d'aller faire un feu ou du motocross en face de leur salon, mais d'y marcher pour prendre des photos, de lancer un bout de bois dans l'eau à son Labrador, dans le genre...)
Photos prise à St-Romuald (Lévis), Anse Benson, à la limite du petit parc.
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6:17 PM
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- Vitesse Warp 2.0, mon Capitaine !
- 2.0, vous êtes sûr ?
- Oui, mon Capitaine.
- Sûr sûr ?
- Oui oui, mon Capitaine.
- Sûr sûr sûr ?
- Oui oui oui, mon Capitaine; confirmé par Tchekov. Warp 2.0. Comme le Web 2.0, jadis.
- Comme le Web 2.0 ? Que voulez-vous dire, Spock ?... Ouuuuuuu, 2.0, c'est viiiiiiiiiiiiiiite en titi, Warp 2.0 ! J'adore ça, la vitesse... Les dérapages interstellaires contrôlés... Warp 2.0, y'a que ça de vrai !
- C'est très vite, Capitaine, en effet. C'est un peu comme un échange trans-intellectuel Brownien qui vibre de tout bord tout côté, tel le Web 2.0 autrefois.
- Hein ?...
- Je veux dire, Capitaine, c'est pour ça que les étoiles par le hublot, ce sont juste des lignes; plus des points de lumière. C'est la vitesse, l'accélération, mon Capitaine. On n'a plus le temps de regarder où ils sont qu'ils sont déjà rendus ailleurs, en transformation sous l'action soutenue de la variable temporelle. Comme jadis le discours et la pensée, au siècle du Web 2.0...
- Qu'insinuez-vous par là, Spock ?! Développez, je vous en prie.
- À vos ordres, mon Capitaine. Au début, certains éléments définis héritaient du privilège de produire une longueur d'onde lumineuse lambda en exposant leur pensée au moyens de livres (ou autres productions culturelles) et/ou du Web 1.0, une pensée qui se devait par définition d'être développée et séquentielle, et tous les autres adoptaient une position de spectateur et s'y référaient, beaucoup, à l'occasion ou pas du tout, comme des marins à autant d'étoiles dans la nuit obscure du monde pré-Web 2.0 ...
- Puis ?...
- Puis est apparu le blogue, première manifestation organique dont découla la blogosphérisation du discours réflexif. Une ouverture, un basculement vers l'émission à partir du pôle de la réception passive et massive. Plusieurs nouvelles étoiles ont jailli en d'innombrables explosions, vagues d'énergies parcourant cette nouvelle galaxie blogosphérique, émettant d'inédites fréquences mu, mais qu'on assimilait encore et toujours à de la pensée rectiligne, je veux dire à du discours ou du développement séquentiel de réflexions approfondies ou en processus de le devenir... Cette émission avait déjà une propriété de multiplicité générative et se modifiait par osmose collaborative.
- Poursuivez...
- Je signifie par là, mon Capitaine, qu'une démocratisation s'est opérée et une prise en charge de la réflexion collective fut entamée par le nombre, processus se déroulant sous une croissante accélération alpha. Et à cette accélération se greffa un phénomène de battement entre les différentes longueurs d'ondes lambda, ce qui généra un bruit parasitique, ténu au début, mais de plus en plus énorme par la suite, appelons-le epsilon, et qu'il fallu alors soustraire de la résultante en efficacité communicationnelle cet epsilon au contenu démultiplié.
- Et où est le problème ? Vous me semblez sérieusement de mauvais poil, aujourd'hui, Spock ! Quel est le rapport avec Warp 2.0 ?
- J'y arrive, mon Capitaine. Le problème, Capitaine, fut la poursuite de l'accélération, qui elle s'opéra selon une exponentielle pi. Ainsi, après atteinte d'un équilibre entre libre-expression, communication, réflexion et échanges trans-multi-dimensionnels-individualo-collectifs, pareil à ce qui se produit lors du dépassement de Warp 1.0, la courbe de la vitesse continua de se prononcer alors que celle du contenu ou de la réceptivité s'enfonça à vitesse omega vers un asymptote nul.
- Vous seriez pas un peu pessimiste, Spock ? Possible que vous ayez mal dormi à cause du changement d'heure ?... Je vous trouve un peu lourd, ce matin.
- Non mon Capitaine. Les faits historiques sont là et le prouvent. Après la courte ère du blogue, première phase pleine de promesses de l'ère Web 2.0, on passa à l'ère facebook, désespérante mutation dégénérative. S'ensuivit une désubstantialisation prononcée du discours en parallèle avec une propagation illimitée de la capacité d'émission. Ainsi, le pôle de l'écoute et de la réceptivité, tout comme celui de la réflexion et de l'échange, atteignit quasiment le zéro absolu. Chacun se mit à émettre copieusement du vide ou du bruit ou, au mieux du mieux, des jpegs, alors que les capacités de réception des variables intervenantes, soit la partie droite dans la formule de l'équation, atteignirent elles des valeurs-sommets delta avoisinant le zéro, mon Capitaine. Sur un axe à nombres réels, bien sûr.
- Spock, vous charriez, franchement ! Votre interprétation de l'histoire humaine est truffée d'invraisemblances et d'exagérations.
- Loin de moi l'idée de ne pas m'en tenir qu'aux faits, mon Capitaine. J'en veux pour preuve que l'ère sur laquelle déboucha facebook, déjà superlativement superficielle, se caractérisa par un hachurement encore plus prononcé du discours et de l'expression individuelle, à la grande satisfaction des instances dirigeantes de l'époque. On éclata davantage le discours, le morcelant jusqu'à le rendre à toute fin pratique inopérant, ce en le restreignant à un cadre fragmenté de 140 caractères ! On nomma ultérieurement ce morcellement discursif et cognitif : la twitterisation, d'après le nom du Docteur Twitt, bien entendu. Vous vous rendez compte, Capitaine, 140 caractères ?! C'est un peu comme si Monsieur Sulu n'avait qu'un joystick pour piloter l'Entreprise...
- Spock ! Je commence à perdre patience. Concluez, de grâce !
- Voilà, mon Capitaine. À postériori, on observe que le Web 2.0 déboucha sur une profonde désubstantialisation du processus et du résultat communicationnel gamma, comme je vous l'ai explosé plus tôt et que, même si une résultante de communication multidirectionnelle fut instaurée sous cette ère, elle ne tarda pas à se métamorphoser en bruit inaudible, je veux plutôt dire inintelligible, mon Capitaine, et que ce bruit assourdissant rô ne put guère être considéré comme une étape évolutive dans la courbe parabolique de la communication effective inter-individuelle ou intra-collective. Mon Capitaine, il y a l'absence de communication sans bruit et il y a l'absence de communication dans le bruit; et ça, des dirigeants de l'époque l'avaient bien compris ! Je veux dire : c'est un point de vue, mon Capitaine. Un point de vue défendable.
- Et tout ça pour me dire quoi, Spock, Nom de Nom !?! ...
- Euh... Je n'aime pas tellement quand on va à Warp 2.0, mon Capitaine... Cela vous dérangerait-il de ... ?
- Ah, Spock ! Vous êtes pénible avec vos superstitions d'Halloween, votre duowarpophobie et vos prises de tête continuelles... Soit ! Allez-y ! Descendez à la salle des machines et ordonnez à Scottie de revenir à Warp 1.0... ou, non, mieux : de passer prestement à Warp 3.0 !... Et qu'on ne me parle plus de Warp 2.0 de toute la journée, compris ?! C'est un ordre !
- Oui, mon Capitaine.
- Ah !... Et Spock. Je veux que vous ayez quelques entretiens suivis avec le docteur McCoy.
- Des entretiens, Capitaine ?... À quel sujet ?
- Au sujet de votre enfance, de votre mère, votre père... et tutti quanti. Vous verrez, McCoy dirigera la discussion.
- Est-ce vraiment nécessaire, Capitaine ?
- J'insiste, Spock.
- À vos ordre, Capitaine.
- Ah !... Et Spock. En remontant, ramenez-moi donc un café, vous voulez bien ?
- Oui, Capitaine.
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samedi, octobre 31, 2009
Drôle de temps...
Si je vous disais qu'ici, à Québec, la pluie tombait droite comme des cordes il y a dix minutes et que dans l'espace d'une ou deux minutes, il s'est mis à venter à 40 noeuds, vous me croiriez ?
C'est la vérité.
Attendez, je vérifie...
96 km/hre, rafales Ouest Sud Ouest.
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"Étarquez la bosse d'empointure !" et cette damnée politique, qui, quand on ne s'occupe pas d'elle, s'occupe désespérément de nous...
Je me suis acheté un voilier. Un petit voilier. Pas cher (enfin, tout est relatif; fut un temps ou je devais survivre un an avec moins que ça... Disons le prix d'une petite japonaise usagée). Une histoire de gars, de rêve, de liberté, de lutte contre les éléments, de tour du monde en solitaire et d'hiver un jour passé sous le soleil cubain plutôt que dans l'ombre grise du mat du stade. Dans la réalité, c'est autrement. Du moins en ce moment. Beaucoup de responsabilités, de dépenses, d'organisation, d'apprentissage intensif, d'efforts et de temps consacré à la chose. C'est comme un gros bébé en fibre de verre qu'il te faut dorloter et torcher, qui peut tomber malade à tout moment d'osmose carabinée, de balsite aiguë ou de craquelures purulentes si la fièvre des vents lui exige un trop grand effort.
Mais c'est génial. Des moments de pur bonheur lorsque tu deviens comme le chef d'orchestre reliant ton bateau, tes voiles, ton cap (qui ne pèse pas plus lourd que le désir humain dans le pot-au-feu aux mille légumes de notre réalité) et les éléments, une sorte d'improvisateur jazz qui se faufile entre les innombrables instruments d'une symphonie aquatique.
Je parlais d'apprentissage... Bien entendu, afin de me doter d'une culture nautique et maritime, je dois lire, apprendre. Les dangers, les obligations, les conventions, les manœuvres, d'urgence et courantes, l'entretien, etc. Ça faisait des lustres que je n'avais pas dévoré des livres à cette vitesse. Et des livres presque sans images !... Un des apprentissages propres à voile et à la vie nautique est celui du vocabulaire. Ouf ! Mon vieux cerveau n'a pas ingurgité autant de vocabulaire d'un coup depuis ma première année (pas d'université), quand la méthode sablier m'apprenait à épeler des mots comme : h (prononcer : ... rien... comme si vous étiez à bout de souffle, asthmatique) - y (prononcer : "i") - p (prononcer : "p", sans "é"; ce qui donne : "pfuhhhh...") - p - o - p - o - t (prononcer : "tfuhhhh...") - a - m (idem : mmmmmmm) - m - e. Entre autres, les cordages.
Il n'y a pas de cordes sur un bateau. Faux; il y en a une. Celle qui retient le petit maillet de la cloche d'airain. Tous les autres cordages sont appelés : "bouts" ("bouttes"). Il y a les bosses, les drisses, l'écoute de foc et la grande écoute, que l'on embarque afin de border la grand-voile, alors qu'il faut plutôt étarquer la bosse d'empointure afin de réduire le creux dans sa bordure. Il y a le hale-bas, les aussière et chaîne, haubans, patatras et étai, les ris, qui servent bien sûr à ariser les voiles, mais attention ! pas à les affaler, ni les ferler, les abattre, les hisser ou les choquer, encore moins les aplatir ou en augmenter le dévers. Il y a l'enrouleur, les écoutes de spi, les garcettes, les penons, qui ne sont pas vraiment des bouts, plutôt des bouts de tissus (ouais, un peu mêlant, j'avoue...), les filins et câblot, la ligne de vie, le bout de harnais, dont les sangles sont bien assurées, les filières, solidement attachés aux balcons et tenus par les chandeliers, la drisse de spi, les galhaubans, ceux qui passent par les barres de flèches, et les bas-haubans. Un glène, lorsqu'un cordage est roulé et que l'on capèle en spires sur un taquet du mât la plupart du temps, les brins de filins, avec lesquels on procède à l'épissure (nouage d'un oeil épissé), la bosse d'amure, elle aussi une manœuvre, synonyme de tout bout qui ne fait pas partie du gréement dormant, ou plutôt avec lequel on manœuvre le bateau, les bouts du pare-battage ou des défenses, le halin, lorsqu'un homme (ou, identiquement, une femme... mais ça flotte beaucoup plus, y'a moins d'urgence... ;o) tombe à la mer, l'orin, d'un corps-mort par exemple, du fil à voile, bien entendu, la ralingue, qui est rarement raguée, contrairement aux bosses d'amarre ou aux gardes; les bungees et les sandows, pratiques comme des élastiques, les saisines et attaches, le tire-veille, et bien entendu, notre ceinture, que l'on desserre après un copieux steak d'espadon sur le BBQ au soleil couchant des tropiques (yes, in my dreams...) et, pour ceux de ma génération et qui n'ont pas grandi avec des espadrilles à sangles de velcro fluo full cool, les lacets de nos souliers.
Ça fait pas mal de cordes, non ? Oups ! de bouts. Eh bien ça illustre bien à mon avis une des particularités les plus évidentes du génie de notre langue, le français : le mot juste. La précision extrême avec laquelle on arrive à nommer les choses. Et là on ne parle que d'objets. Cette précision chirurgicale qu'atteint parfois la langue française est plus manifeste encore lorsqu'elle enrobe des entités immatérielles, des idées, des sentiments, des états ou émotions de l'être, des affects du coeur humain. Je ne sais pas, mais je trouve ça important. C'est toute une sensibilité que véhicule une langue, un rapport au réel, une attitude vis à vis le monde, la vie en général. Et dans la chorale des langues, je considère que le français a tout lieu d'être. Et de perdurer, ici, entre autres, sur notre terre d'Amérique. Et dans sa métropole, en l'occurrence.
Bon, ok. On parle pas tous un français qui nomme aussi précisément le réel et les concepts. Il arrive souvent qu'on le parle comme le gars de la chanson de Martin Léon : "ouais ben... je voudrais pas t'apprendre des affaires que tu sais déjà... mais on dira ç'qu'on voudra... c'est ça qu'y'est ça. Comprends tu ?... S'cuse-moi, j'ai une autre ligne !" (quelle toune, quel humour !) En augmentant le degré d'approximation dans la nomenclature des choses, je crois que nous avons compensé par un accroissement de l'intuition réceptive, de l'imagination lors de la reconstruction sémiologique ou plutôt sémantique qui se produit dans la pensée de l'élément récepteur du couple communicationnel. Genre... Car quoiqu'il en soit, on comprend tous ce que le gars de la chanson veut dire, mais chacun à sa façon. C'est donc de la pure poésie ! Héhé.
Pour ce qui est de la politique, eh bien demain, c'est jour d'élections. La politique me pèse, m'a toujours pesé. Tous ces jeux de pouvoir et de langue de bois, de c'est pas moi c'est lui ! Nous on aurait jamais fait ça ! Et on vous promets deux fois plus que ce qu'on vous avait promis la dernière fois et qu'on a gardé bien au chaud en prévision d'un jour de demain, etc.
À Montréal, où j'habite. Quand même ! OK, c'est la récession. Mais ça fait combien d'années que Montréal se détériore, se dégrade, se polarise, se débine et s'engrisaille ? Plus que deux ans. Ça fait un bout (sans jeu de mots...) que Montréal se zombifie ! Elle n'est pas devenue moribonde comme ça depuis le seul effondrement des marchés boursiers l'an dernier, non ? Il y a eu à quelque part un sérieux laxisme et ou manque de vision. Idem au niveau de la langue officielle.
C'est facile à comprendre. On a chacun nos vies, nos problèmes, nos difficultés à résoudre, le bonheur aussi qu'on poursuit ou tente de saisir par différentes tactiques. On laisse la politique aux politiciens. Ce sont des professionnels; ils sont là pour ça. Ils aiment ça. Servir la collectivité (et il y a beaucoup de vrai là-dedans, pour plusieurs). Ou se servir (et ça, c'est tout aussi vrai, mais pour quelques autres seulement, dont on parle beaucoup). Le problème, c'est qu'on ne peut toujours laisser faire. Sinon on se fait avoir. On se retrouve avec une situation qu'on n'accepte plus. Par notre faute. À cause de notre unique négligence, notre seul manque de vigilance. Le délabrement de Montréal par exemple, la balafre qu'on a laissé apparaître sur son visage francophone, par exemple encore.
Et c'est idem ici, où je suis en visite, à Lévis, pour une petite vacance entre deux contrats. La mairesse a sans doute fait des bons coups et eu de bonnes intentions derrière ses actions... Mais les temps changent ! Arrive un jour où les vieux réflexes passéistes de développement à tout crin, d'urbanisation chaotique tous azimuts parce que ça rapporte des taxes pis-au-diable-les-arbres-les-espaces-verts-et-où-toute-considération-de-beauté-d'harmonie-ou-d'histoire-d'un-endroit-ne-pèse-rien-dans-la-balance (un peu comme le projet Rabaska) n'est plus pertinent comme paradigme de développement. Vient un jour où la navigation à l'aveugle et qui fait fi du gros bon sens devient inadmissible. Surtout parce que les conséquences de ce laisser-aller, de ce laisser-faire, sont irréversibles bien souvent. Toutes ces nouvelles constructions, ces développements immobiliers chaotiques qui rasent les derniers espaces verts de la Rive-Sud de Québec contre des billets de la même couleur, on ne peut plus les défaire, lorsqu'on les a laissé pousser. La laideur s'est propagée, l'asphalte s'est déroulé comme le tapis rouge de l'artifice, les grosses demeures cossues et gonflées d'ostentation, qui grugent jusqu'au dernier pouce de chaque cadastre, dessinent maintenant la ligne d'horizon et détrônent à jamais la moindre cime des arbres. Et c'est irréversible.
Bien entendu qu'il faut du développement économique, que les gens puissent "se bâtir", mais est-il acceptable que ça se fasse toujours selon les caprices et en accord avec l'appétit et la "vision" des promoteurs immobiliers (qui semblent passés maîtres dans l'art de jouer du pot-de-vin, si on en croit les dernières découvertes du journalisme d'enquête) ? Sans leur opposer le moindre "holà" ? Les politiciens jouent avec des chiffres et du court terme. C'est leur pain quotidien. Leur vision archaïque et rétrograde de la modernité, du profit, des taxes ou du développement demeure hermétique à des considérations dont l'ordre de grandeur se situe ailleurs que dans le court terme, comme l'écologie, le durable, un développement urbaniste plus équilibré et harmonieux...
L'avantage, avec la démocratie (ce peut parfois être un désavantage...), c'est qu'on peut, nous, imposer des WO ! quand on juge que ça suffit et que c'est allé trop loin. Ça demande seulement un petit effort de notre part.
Ça adonne bien : demain, c'est jour de vote ! C'est le moment de fournir ce petit effort.
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